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CR de la JE “Le Moyen Âge à poils” 11-12/06/2026

Les Journées d’études de Questes se sont déroulées en deux temps le 11 et le 12 juin 2026.

Dans un premier temps, nous avons eu la joie d’être guidés au sein de la Bibliothèque Nationale de France par Lila Wickers-Lévy 

 

Lors de la seconde journée, différentes communications, réunies sur quatre axes ont été partagées.

Axe A “Poils et virilité”

  • Tristan Fourré (Nantes Université, LAMO) dans “La barbe et le glabre. La pilosité de quelques vieillards amoureux dans la littérature tardo-médiévale” a montré la barbe comme métonymie de l’âge par une assimilation du poil qui pousse à la vie qui passe.
  • Lou-Anne Portal (Université catholique de Louvain/Sorbonne Nouvelle) dans “« Trop plus me font mal qu’oncques mais barbe, cheveux, penil, sourcils » : (ca)pilosité, auctorialité et masculinité chez François Villon”, partant d’un écart entre les descriptions de Villon par lui-même et la mémoire iconographique postérieure, a relevé une concience des attentes sociales liées au poil, à travers un rejet de la pilosité chez l’auteur.

Axe B “Le poil, attribut de sainteté”

  • Cécile Maruéjouls (Université de Poitiers, Histoire de l’Art Médiéval), dans “Pour une anthropologie du poil : le cas des saintes hirsutes, velues et barbues dans les images médiévales (XIIe–XVe siècle)”, a examiné la réappropriation du poil par les femmes, qui cachent leur corps, se voilent, et affirment leur dévouement avec les cheveux. C’est un détournement d’un qualificatif féminin, qui permet l’abandon de ce statut pour s’ériger à celui de “sainte”.
  • Florence Bret (Université Lyon 3, Histoire et source des mondes antiques), dans “Des longues mèches sales à la couronne de cheveux : représentations de la pilosité dans les Vies de saints latines de la première partie du Haut Moyen Âge (Ve–VIIIe siècles)”, a montré l’évolution des normes propres à une chevelure sainte, selon les besoins de la société. D’une figure de l’ermite isolée, sale et peu préocuppée de sa chevelure, on constate une évolution vers un cheveux dompté, à mesure de la mise en norme cléricale et du développement de l’Eglise.

Axe C “Parures corporelles et vestimentaires”

  • Lila Wickers-Lévy (BNF, conservatrice au département des estampes), dans “Scènes de bains et soins du poil dans la gravure germanique (XVe et XVIe siècles)”, a fait appel à une question hygiénique (et érotique) du poil. En effet, la nudité révèle le poil et est indice de luxure. Pourtant, les illustrations de l’imaginaire, donc ici la gravure, laisse à voir des scènes de nudités autrement controlées. 

  • Aurélia Valterio (Université de Neuchâtel, Abbaye de Saint-Maurice), dans “Des clercs à fleur de poil : l’aumusse, insigne de dignité dans l’Église médiévale” a montré que le poil rare permet à celui qui aborde un tel symbole d’affirmer son autorité. C’est un motif de distinction parmi les élites et on constate une réappropriation par ces élites du monde animal.

Axe D “Animalité et sauvagerie”

  • Cassandre Leconte (Sorbonne Université, LAMO), dans “« La vertu de la bête : poil, animalité et puissance héroïque dans Tristan de Nanteuil et Guillaume de Palerne »”,  a fait appel à des cas où le poil n’est pas forcément un vecteur d’animalité ou de sauvagerie. Le poil est ici plutôt symbole d’une appropriation de la force animale propre à la nature.
  • Garance Fraisse (Sorbonne Université, Études Anglophones), dans “Un chevalier hirsute dans la légende arthurienne : analyse de la pilosité du Chevalier Vert dans Sire Gauvain et le Chevalier Vert, a mis en valeur une figure interlope intermédiaire qui est simultanément modèle de chevalerie et force de la nature. La pilosité est ici outil de remise en question, de subversion de la cour. Elle revient sur l’ordre naturel et interroge la pertinence du modèle arthurien.

 

Ces différentes approches du “poil” ont montré qu’il est, avec le vêtement, un attribut de première importance. Sa présence ou non, ou encore sa croissance ou sa perte influe sur la représentation de l’individu et crée également des stéréotypes, malgré une absence d’uniformité de pratiques ou de coutumes sur le poil. La multiplicité et les idées reçues montrent l’abondance de ce sujet et des nombreuses études qui méritent d’y être consacrées.

Nous remercions une nouvelle fois les intervenants et toutes celles et tous ceux qui ont participé à l’événement.

Nous vous souhaitons tous un excellent été, en attendant de se retrouver à la rentrée !

A poils, et Amitiés !


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
sjhong (26 juin 2026). CR de la JE “Le Moyen Âge à poils” 11-12/06/2026. Questes. Consulté le 11 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16gxm


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